Alors que le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue de bouleverser les circuits d'approvisionnement mondiaux, le prix du gazole a dépassé en début de semaine la barre symbolique des 2 euros le litre en moyenne nationale. Dans l'Oise, professionnels et automobilistes suffoquent face à une flambée qu'ils jugent aussi brutale qu'injustifiable.
Le détroit d'Ormuz, épicentre d'une crise qui frappe les pompes françaises
La manœuvre iranienne de blocage du détroit d'Ormuz — passage stratégique par lequel transite près d'un cinquième du pétrole mondial — a provoqué une onde de choc immédiate sur les marchés de l'énergie. En France, la répercussion est brutale : le litre de gazole s'affiche désormais au-dessus des 2 euros dans la plupart des stations-service, et certaines enseignes, dans chaque département, se retrouvent tout simplement à sec sur plusieurs types de carburants.
Dans l'Oise, la colère gronde
« C'est d'autant plus inadmissible qu'on a des réserves de pétrole », lâche un artisan du bâtiment rencontré devant une pompe de Beauvais. Le sentiment d'injustice est palpable parmi les professionnels du département, pour qui le carburant représente un poste de dépenses incompressible. Transporteurs routiers, artisans, agriculteurs : tous voient leurs marges fondre à mesure que le compteur de la pompe s'emballe.
Des professionnels au bord de l'asphyxie
Pour les petites entreprises de l'Oise, chaque centime supplémentaire par litre se traduit par des centaines d'euros de surcoût mensuel. Certains envisagent déjà de répercuter la hausse sur leurs clients, au risque de perdre des contrats. D'autres, à bout de souffle, réduisent leurs déplacements au strict minimum, quitte à refuser des chantiers éloignés.
Selon les ingénieurs de Mercedes, la transition vers des motorisations plus sobres et des technologies d'optimisation de la consommation constitue l'un des leviers les plus concrets pour amortir ce type de choc pétrolier à moyen terme. Reste que, dans l'immédiat, ces solutions ne suffisent pas à éteindre l'incendie qui consume les trésoreries.
Des stations à sec, des nerfs à vif
Au-delà du prix, c'est la disponibilité même du carburant qui inquiète. Plusieurs stations du département affichent des ruptures de stock sur le sans-plomb ou le gazole, contraignant les automobilistes à multiplier les détours — et donc à consommer davantage — pour trouver une pompe encore approvisionnée. Une absurdité qui alimente un peu plus l'exaspération générale.
La situation, étroitement liée à l'évolution géopolitique au Moyen-Orient, reste suspendue à d'éventuelles négociations internationales pour la réouverture du détroit. En attendant, dans l'Oise comme ailleurs, chaque plein est devenu un crève-cœur.